Les différents types de surdité : transmission, perception, mixte et degrés de perte auditive

Les différents types de surdité : transmission, perception, mixte et degrés de perte auditive

« Sourd », « malentendant », « déficient auditif » : derrière ces mots se cachent des situations très différentes. Une personne peut avoir perdu un peu d'audition à cause d'une otite, une autre être née sans audition fonctionnelle, une troisième l'avoir perdue progressivement avec l'âge. Pour s'y retrouver, les médecins classent les surdités selon deux critères : l'endroit où se situe le problème, et son degré de gravité. Voici les repères essentiels, expliqués simplement.

Comment fonctionne l'audition, en deux minutes

Pour comprendre les types de surdité, il suffit de connaître le trajet du son. Il entre par l'oreille externe, fait vibrer le tympan, puis les trois petits os de l'oreille moyenne (les osselets) qui transmettent cette vibration vers l'oreille interne. Là, la cochlée transforme la vibration en signal électrique, que le nerf auditif envoie au cerveau, où il est interprété. Une panne à l'un de ces endroits ne donne pas du tout la même surdité.

La surdité de transmission

Elle touche l'oreille externe ou l'oreille moyenne : le son n'arrive pas correctement jusqu'à l'oreille interne. Parmi les causes fréquentes, on trouve les séquelles d'otites chroniques, les atteintes du tympan ou des osselets, ou l'otospongiose, une anomalie osseuse qui bloque l'un des osselets (l'étrier).

Ce type de surdité reste en général léger à moyen, avec une perte qui ne dépasse pas environ 60 à 70 décibels. Sa particularité : elle est souvent réversible ou améliorable, parfois grâce à un traitement ou à une chirurgie, sinon par un appareillage auditif classique.

La surdité de perception (ou neurosensorielle)

Ici, c'est l'oreille interne ou le nerf auditif qui est atteint. Dans environ 9 cas sur 10, le problème vient de la cochlée, et dans le reste des cas du nerf auditif. C'est la forme la plus répandue de surdité permanente, et elle peut aller de la perte légère à l'absence totale d'audition.

Ses causes sont variées :

  • le vieillissement naturel de l'oreille (la presbyacousie)
  • des traumatismes sonores, par exemple un concert, un tir ou une exposition prolongée au bruit
  • des infections virales ou bactériennes
  • certains médicaments toxiques pour l'oreille
  • des maladies comme la maladie de Ménière ou certaines maladies auto-immunes
  • des origines génétiques ou liées à la naissance

Cette surdité est généralement irréversible. La prise en charge dépend du degré : appareillage auditif dans la plupart des cas, et implant auditif dans certaines surdités plus profondes, après évaluation médicale.

La surdité mixte

Comme son nom l'indique, elle associe les deux atteintes précédentes : un problème de transmission et un problème de perception en même temps. C'est par exemple le cas d'une personne qui a une perte auditive liée à l'âge et, en plus, des séquelles d'otites chroniques. La prise en charge combine alors, selon les cas, un traitement ou une chirurgie sur la partie transmission, et un appareillage pour la partie perception.

La surdité centrale, plus rare

Dans ce cas, l'oreille et le nerf fonctionnent, mais c'est le traitement de l'information par les voies auditives dans le cerveau qui est perturbé. La personne peut avoir des résultats d'audiométrie à peu près normaux, et pourtant beaucoup de mal à comprendre la parole, notamment dans le bruit. Elle est plus rare et plus difficile à diagnostiquer, et son bilan relève de spécialistes.

Les degrés de surdité : la classification du BIAP

En plus du type, on mesure la gravité de la perte auditive en décibels (dB), grâce à l'audiogramme. La classification la plus utilisée en France est celle du BIAP (Bureau International d'Audiophonologie) :

  • Audition normale : perte de 0 à 20 dB
  • Surdité légère : perte de 20 à 40 dB. On a du mal à entendre les chuchotements ou la parole faible, mais une conversation normale reste comprise.
  • Surdité moyenne : perte de 40 à 70 dB, avec deux niveaux (1er degré de 41 à 55 dB, 2e degré de 56 à 70 dB). Seules les paroles fortes sont bien perçues.
  • Surdité sévère : perte de 70 à 90 dB (1er degré de 71 à 80 dB, 2e degré de 81 à 90 dB). Seuls les sons très forts, près de l'oreille, sont perçus.
  • Surdité profonde : perte de 90 à 120 dB, avec trois niveaux. Aucune parole ne peut être comprise sans aide.
  • Surdité totale (cophose) : perte supérieure à 120 dB, aucune perception sonore.

Ces chiffres sont des repères. Deux personnes avec la même perte en décibels peuvent vivre leur surdité très différemment, car la compréhension de la parole dépend aussi de la qualité du signal transmis, du bruit environnant, de l'histoire de la personne et de ses moyens de communication.

D'autres façons de distinguer les surdités

  • Le moment d'apparition : une surdité peut être congénitale (présente à la naissance) ou acquise plus tard. On parle aussi de surdité pré-linguale si elle survient avant l'apprentissage du langage, et post-linguale si elle survient après.
  • Le côté atteint : une surdité peut toucher une seule oreille (unilatérale) ou les deux (bilatérale), ce qui change beaucoup le vécu, notamment pour localiser les sons et suivre une conversation dans le bruit.
  • L'évolution : certaines surdités sont stables, d'autres progressives, d'autres encore soudaines. Une surdité brutale est une urgence médicale.

Sourd, Sourd, malentendant : une question d'identité autant que de décibels

Le type et le degré de surdité ne disent pas tout de la façon dont une personne se définit. On écrit « sourd » avec une minuscule pour décrire l'état audiologique, et « Sourd » avec une majuscule pour désigner une personne qui s'identifie à la communauté et à la culture sourdes, généralement autour de la langue des signes française. Le terme « malentendant » désigne plutôt une personne qui entend mal mais continue d'utiliser surtout l'audition et la parole. Le mot « sourd-muet », lui, n'est plus utilisé : une personne sourde n'est pas forcément muette, et beaucoup choisissent de signer ou de parler selon les situations. Dans le doute, le plus simple est de demander à la personne comment elle souhaite être désignée.

Pourquoi faire un bilan

Seul un médecin ORL, aidé d'un audioprothésiste, peut déterminer le type et le degré d'une surdité à partir d'examens adaptés. Ce bilan est important : il permet de savoir si un traitement est possible, quelle aide auditive choisir, ou quelle solution de communication envisager. Cet article donne des informations générales et ne remplace pas une consultation.

Et ensuite ?

Quel que soit le type de surdité, il existe des moyens d'accéder à l'information et à la communication : appareillage, sous-titrage, transcription instantanée, langue des signes française, langue française parlée complétée. Sur Sourdosphère, des personnes sourdes, malentendantes, devenues sourdes, signantes ou oralisantes, ainsi que des familles et des professionnels, partagent leurs expériences.

Et vous, comment définiriez-vous votre surdité, avec vos propres mots ? Racontez-le à la communauté Sourdosphère, c'est souvent en comparant les parcours qu'on comprend le mieux les différences.

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